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VIH : la fin d’un programme d’aide révèle les failles de l’accès aux traitements

Et si l’accès aux médicaments contre le VIH dépendait encore de la charité pharmaceutique ?


Alors que le Canada ambitionne d’éliminer le VIH comme menace pour la santé publique, la fin d’un programme d’aide financière offert par un fabricant rappelle qu’un médicament essentiel peut encore représenter un fardeau financier pour les personnes qui en ont besoin. 

En juin 2026, Gilead Sciences Canada a mis fin à ses programmes d’aide au co-paiement pour quatre traitements contre le VIH toujours utilisés en clinique. Une décision qui met en lumière la fragilité d’un accès aux traitements encore tributaire de l’aide financière des fabricants.

Dans une lettre publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ), Julien Brisson, Nancy Sheehan et Pierre-Marie David, tous trois professeurs à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, ainsi que Benoit Lemire et Ken Monteith, s’appuient sur cette décision pour attirer l’attention sur les inégalités d’accès aux antirétroviraux qui persistent au Canada.

Alors que certaines provinces, dont la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan, assurent une couverture publique complète de ces traitements, des personnes vivant avec le VIH au Québec et en Ontario peuvent devoir assumer des coûts importants pour se soigner. Les programmes d’aide des fabricants permettent d’alléger cette facture, mais leur maintien dépend de décisions privées. Une solution fragile pour des traitements dont les personnes ont besoin de façon continue.

Les conséquences dépassent pourtant la question financière. Un accès continu aux antirétroviraux permet d’atteindre et de maintenir une charge virale indétectable, éliminant le risque de transmission sexuelle du VIH. Garantir cet accès, c’est permettre aux personnes de se soigner et contribuer à prévenir de nouvelles infections.

Les auteurs appellent les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à garantir un accès sans frais aux antirétroviraux, soit par la création d’un programme national consacré aux traitements du VIH, soit par leur intégration à un régime public d’assurance médicaments élargi.

Leur message est sans équivoque :

« Si le Canada souhaite réellement atteindre ses objectifs d’élimination du VIH, l’accès aux médicaments antirétroviraux doit être reconnu non pas comme une prestation discrétionnaire, mais comme un bien public. »

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