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Au-delà de l’efficacité : l’impact social des traitements contre le VIH

Est-ce que la forme que prennent les antirétroviraux — comprimés à prendre chaque jour ou traitement injectable à action prolongée — peut influencer le stigma associé au VIH?

 

 


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La question peut sembler surprenante. Après tout, si deux traitements offrent une efficacité comparable, pourquoi leur format ferait-il une différence? Pourtant, pour de nombreuses personnes vivant avec le VIH, la réponse va bien au-delà des considérations médicales.

Dans une étude publiée dans la revue Social Science & Medicine, Julien Brisson, professeur adjoint à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, s’est intéressé à la façon dont les traitements sont vécus au quotidien et aux significations qu’ils peuvent prendre dans la vie des personnes concernées. 

À partir d’entrevues réalisées auprès de 66 hommes gays et bisexuels vivant avec le VIH en Colombie, son équipe a exploré la manière dont les traitements oraux quotidiens et les traitements injectables à action prolongée sont perçus.

Les participants ont décrit les comprimés et leurs flacons comme bien plus qu’un simple traitement. Pour plusieurs, ils représentent un rappel constant du diagnostic, une source d’inquiétude liée au regard des autres ou encore un élément à dissimuler pour éviter une divulgation involontaire de leur statut sérologique.

À l’inverse, les traitements injectables à action prolongée ont souvent été perçus comme une option plus discrète, offrant un plus grand sentiment de liberté dans la vie quotidienne, susceptible de réduire certaines préoccupations liées au stigma.

Les résultats montrent que des traitements équivalents sur le plan thérapeutique peuvent porter des significations sociales différentes. Ils rappellent également que l’innovation ne se mesure pas uniquement en termes d’efficacité clinique : elle peut aussi transformer l’expérience humaine de la maladie, la qualité de vie et le rapport que les personnes entretiennent avec leur traitement.

Cette recherche met en lumière l’importance de tenir compte des dimensions sociales de la santé dans le développement des thérapies de demain. Car comme le souligne l’étude, même lorsque deux traitements sont comparables sur le plan thérapeutique, ils peuvent porter des « signatures » différentes de stigma.