Yves Mufike Lumu, Gabra Nohmie, Narimene Ait Belkacem et Anick Bérard | Les troubles hypertensifs de la grossesse (HTP) concernent 5 à 10 % des grossesses et restent une cause majeure de morbidité et mortalité maternelles. Dans ce contexte, l’utilisation d’antidépresseurs, qui peut concerner jusqu’à une grossesse sur cinq, soulève des enjeux importants de sécurité. Dans une récente étude de cohorte basée sur la Quebec Pregnancy Cohort, les chercheurs ont comparé le risque de troubles hypertensifs associé à deux grandes classes d’antidépresseurs : les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNa). Les résultats montrent que l’utilisation des IRSNa en seconde moitié de grossesse est associée à une augmentation significative du risque de troubles hypertensifs, de l’ordre de 80 %. Plus précisément, la venlafaxine présenterait un risque plus élevé comparativement à la sertraline. À l’inverse, les ISRS affichent un profil de risque plus homogène et globalement plus favorable. Ces différences pourraient s’expliquer par les mécanismes pharmacologiques : les IRSNa augmentent la noradrénaline, favorisant la vasoconstriction et donc l’hypertension. Ces résultats rappellent l’importance d’une évaluation rigoureuse et individualisée du rapport bénéfice/risque lors de la prescription d’antidépresseurs pendant la grossesse, ainsi que d’une collaboration étroite entre les professionnels de la santé et les patientes. |

