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Vers des traitements anticancéreux sur mesure : une journée d’échanges riches et mobilisateurs

Comment faire passer une découverte scientifique du laboratoire jusqu’au chevet du patient? Cette question a animé les échanges de la 8e édition des Grandes conférences, réunissant près de 120 participantes et participants autour d’un objectif commun : repenser l’avenir des traitements anticancéreux sur mesure.


Le 7 mai dernier, la Faculté de pharmacie de Université de Montréal a offert un espace privilégié de dialogue et de réflexion à l’occasion de la 8e édition des Grandes conférences. Sous le thème Vers des traitements anticancéreux sur mesure et animée par Catherine Cardinal, la journée a réuni des expertes et des experts des milieux de la recherche, de la clinique, de la pharmacie, de l’industrie, du réseau de la santé ainsi que la relève étudiante autour d’une conviction forte : l’innovation en oncologie de précision ne peut progresser qu’à travers la collaboration entre les disciplines, les milieux et les expertises.

 


Du laboratoire au patient : la leucémie comme modèle

La conférence d’ouverture du Dr Guy Sauvageau, chercheur à l’IRIC, a donné le ton à cette journée placée sous le signe de l’innovation et de l’espoir. S’appuyant sur la leucémie myéloïde aiguë comme modèle et sur le programme LEUCEGENE, il a démontré comment la convergence entre recherche fondamentale, biobanques, technologies de pointe et collaboration multidisciplinaire permet de faire émerger des traitements toujours plus personnalisés, transformant progressivement la prise en charge des cancers.

La discussion croisée qui a suivi a ajouté deux dimensions essentielles : la perspective patient, portée par Christian Blouin (Patient Partenaire au CHUM), et le regard éthique de Yann Joly de McGill. Cette discussion a rappelé l’importance d’intégrer la voix des patients au coeur des innovations thérapeutiques.

Modèles vivants et essais cliniques : les maillons qui font la différenceL’après-midi s’est poursuivi avec une série de présentations mettant en lumière les défis liés au développement et à l’accès aux nouvelles thérapies.

La Dre Anne-Marie Mes-Masson du Centre de recherche du CHUM a présenté l’importance des biobanques et des modèles vivants issus de matériel biologique humain pour mieux comprendre l’hétérogénéité des cancers et adapter les traitements à chaque patient.

La Dre Rahima Jamal du Centre de recherche du CHUM a quant à elle rappelé le rôle central des essais cliniques dans le parcours menant « de l’innovation au patient », et qu’aucune percée ne franchit la porte de la clinique sans eux, mettant en avant le rôle irremplaçable des milieux académiques dans leur structuration et leur accessibilité.

De son côté, Stéphanie Doyle, de Montréal InVivo, a clôturé ce bloc en soulignant que les sciences de la vie et les technologies de la santé représentent un moteur stratégique pour l’économie québécoise et pour son rayonnement à l’internationale.

Un panel sur l’accès aux traitements : des échanges vifs, nécessaires et révélateurs
Ce fut sans conteste le moment fort de la journée. Le panel réunissant Stéphane Barakat d'AbbVie, Mélanie Caron de l'INESSS, Maria Perrotta d'Innomar Strategies et Denis Soulières de la Société canadienne du cancer, a suscité des échanges francs, engagés et parfois très animés entre les panélistes. La discussion a permis d’aborder sans détour les enjeux entourant les processus réglementaires, le remboursement des traitements, l’équité d’accès et la capacité du système de santé à suivre le rythme effréné des innovations scientifiques.

Les pharmaciens : au cœur du virage
La conférence de clôture, présentée par Philippe Desmarais, pharmacien communautaire, et Nathalie Letarte, pharmacienne en établissement de santé et professeure titulaire à la Faculté de pharmacie, a ramené les discussions vers la pratique clinique et la réalité terrain. À travers un cas patient concret, ils ont illustré comment l’essor des thérapies orales et ciblées transforme profondément les soins en oncologie. Comment cela redéfinit le rôle des pharmaciens, en établissement de santé comme en communautaire et pourquoi leur collaboration étroite est désormais indispensable pour assurer une continuité de soins sécuritaire et humaine pour les patients.

Une journée à l'image de notre faculté
Comme l’a souligné en fin de journée le recteur de l'Université de Montréal, Daniel Jutras, la Grande conférence dessine années après années cet espace de convergence où chercheurs fondamentaux, cliniciens, formateurs et professionnels du médicament se retrouvent sous un même toit pour faire avancer, ensemble, la santé des patients. S’en est suivi un cocktail de réseautage permettant aux participants, dont plusieurs diplômés de retour pour les Grandes Retrouvailles, de renouer avec d’anciens camarades et de prolonger les échanges.

La Faculté de pharmacie remercie ses partenaires GSK, Johnson & Johnson et Linearis pour leur précieux soutien, ainsi que l'ensemble des conférencières et conférenciers pour leur précieuse contribution au succès de cette journée.

Une fois de plus, cette édition des Grandes conférences a démontré la capacité de la Faculté à rassembler les expertises, nourrir les réflexions collectives et faire rayonner l’innovation au service de la santé de demain.