Les graisses saturées sont généralement considérées comme moins favorables à la santé cardiovasculaire que les graisses insaturées. Mais dans un régime cétogène, où les lipides constituent la principale source d’énergie, remplacer les unes par les autres procure-t-il réellement les bénéfices attendus?

Fruit d'un travail d'équipe, une étude publiée dans Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology a été menée par Xiaobei Li, sous la direction du professeur Rami Al Batran, avec la collaboration de Abdualrahman Mohammed Abdualkader, Chenhao Bai et Parisa Pourfarziani, respectivement agent de recherche et étudiants à la Faculté. Ensemble, ils ont comparé deux régimes cétogènes : l’un riche en graisses saturées, l’autre en graisses insaturées, dans un modèle expérimental d’athérosclérose.
Leurs résultats invitent à nuancer certaines idées reçues. Les deux régimes ont réduit le développement des plaques d’athérosclérose par rapport à un régime riche en lipides non cétogène. Plus surprenant : dans ce modèle expérimental, le régime à base de graisses saturées s’est révélé plus efficace pour maintenir un poids corporel et une masse grasse plus faibles, suggérant que le remplacement par des graisses insaturées n’améliorait pas davantage les résultats cardiométaboliques globaux dans ce modèle.
Ces travaux ne remettent pas en cause les recommandations nutritionnelles actuelles. Ils rappellent surtout qu’en nutrition, les choses sont rarement aussi simples qu’elles en ont l’air : les effets d’un régime ne dépendent pas d’un seul nutriment, mais de l’ensemble de ses interactions avec le métabolisme.
Réalisée à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, cette recherche contribue à mieux comprendre les liens entre nutrition, obésité et maladies cardiovasculaires. Elle témoigne aussi de la contribution des étudiantes, étudiants et du personnel de recherche de la Faculté à l’avancement des savoirs en santé.
